La parole à...Guillaume Vétillard, directeur de la Régie de quartier de Créteil

EnvoyerImprimerPublié le 02/11/18

Novembre, c’est le mois de l’ESS. Quelle définition donneriez-vous de ce secteur dont le périmètre est quelques fois difficile à appréhender ?

Je préfère, au lieu d’ESS, parler du tiers secteur, c’est-à-dire tout ce qui ne fait partie ni de la sphère publique, ni du secteur privé marchand. La place des associations y est centrale, historiquement d’abord mais aussi parce qu’elles sont les plus nombreuses. Et pourtant, les associations ne se retrouvent pas toujours dans la notion d’Economie sociale et solidaire qui semble plus tourné vers l’économie elle-même et encore moins depuis l’ouverture du secteur par la loi ESS de 2014, à l’entreprenariat social.

Vous êtes, en tant qu’acteur de l’ESS, présent dans le Val-de-Marne depuis de nombreuses années, quelles spécificités voyez-vous dans notre département ?

On a une véritable chance dans le Val-de-Marne c’est que toutes les têtes de réseaux (le Dispositif Local d’Accompagnement, les Etablissements Publics Territoriaux, Val-de-Marne Actif pour l’Initiative, Proj’aide…) se connaissent bien. Ils agissent en complémentarité et pour mettre en place des actions coordonnées au service des projets du territoire. C’est loin d’être toujours le cas dans d’autres départements. Le Conseil départemental soutient cette dynamique de mise en réseau et c’est un vrai plus. Il soutient également de nombreuses initiatives à la fois financièrement et techniquement.

Quel regard portez-vous sur l’ESS ces dernières années ?

En 10 ans, le secteur de l’ESS s’est renforcé collectivement. Cela devrait nous donner plus de poids et nous permettre de faire entendre un discours commun plus puissant. Or, les multiples acteurs qui composent l’ESS ne sont pas toujours d’accord entre eux. Le secteur associatif est le plus important à l’intérieur de l’ESS en terme de structures existantes et pourtant, c’est l’entreprenariat social, l’innovation sociale qui sont mises en avant. On oublie toutes ces initiatives, tous ces projets qui existent depuis des années, qui sont là et durent et ne relèvent pas de l’innovation sociale.

Et sur le mois de l’ESS ?

Un mois c’est long pour donner à voir ce qu’est l’ESS. Depuis que les Etablissements Publics Territoriaux ont repris cette compétence, la planification des événements est plus cohérente et les programmes sont plus complets. Ça reste difficile de faire venir le public sur une initiative estampillée ESS, il faut vraiment mettre en place quelque chose d’attractif car l’ESS reste mal identifiée.

Guillaume Vétillard a également été chargé de développement du Réseau Insertion par l’Activité Economique et chargé de mission Dispositif Local d’Accompagnement.